Arbres et forêts dans les contes
Cette année, nous avons choisi l’arbre comme thème de travail….
Forêt profonde, silencieuse, sombre, étouffante, bruissant de vie… Les adjectifs comme les feuilles se ramassent à la pelle quand il s’agit de parler de ce lieu si particulier.
Repaire de brigands, abri des bêtes féroces, la forêt devient nourricière et guérisseuse pour les ermites ; cependant elle accueille aussi les sorcières et les bannis. La forêt est un lieu magique qui permet toutes les rencontres : êtres surnaturels, êtres mystérieux, l’autre, soi-même. C’est un espace de transition vers un autre état.
Dans le dédale d’épreuves auquel le soumet la forêt, le héros acquiert la liberté de devenir ce qu’il veut être. La traversée de la forêt va lui révéler les grands traits de son destin. Pour celui qui sait la dompter, elle est bénéfique – Le petit Poucet – à l’inverse, elle est destructrice pour celui qui échoue – Le petit chaperon rouge. (« Et, en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le petit Chaperon rouge, et la mangea » – Perrault 1697)
La forêt est un seuil.
Les Enfers dans l’Antiquité étaient protégés par les forêts sacrées croissant le long du Styx. Les soldats romains qui tentèrent de les abattre en furent empêchés par des moyens surnaturels.
Les forêts sacrées, premiers temples des divinités ? D’ailleurs, il semble que les piliers des temples égyptiens s’inspirent de certains arbres d’Afrique comme le sycomore, le figuier ou le bananier… La mythologie grecque se réfère elle aussi à de nombreux arbres, avatars de jeunes nymphes comme Daphné métamorphosée en laurier.