La première fois, bis…

La première fois, bis… 

Monique conte aux petitsPlaisir de conter ?
Pour une déb  c’est plutôt : angoisse, gorge nouée , trac !
Ma première, c’est à la bibliothèque de Keryado où se produit Sam  Cannarozi qui conte avec des bouts de ficelle.
Notre chère présidente m’a proposé de dire un conte en première partie : merci Anne Marie !
Allez détends toi.
Petits exercice de souffle et de diction : « pauvre petit papillon perdu dans son beau bocal  de bonbons bleus et blancs vole et passe »
 «  Sans souci six sangsues sucent au sang six cents sots »
Prête ?
Je  n’ai aucun souvenir du conte que j’ai « essayé » de dire face au public…
Je me souviens que ma gorge s’est nouée : c’est d’une petite voix enrouée, chuchotée que j’ai conté
Mais il faut bien une première fois !
Le plaisir vient ensuite.
Monique

 

Sylviane au Festival Interceltique de Lorient août 2013Les mille et une nuits avant l’an 2000, l’association organise une soirée au théâtre du City à Keryado. La salle est pleine, plus de cent personnes ! Christine utilise les vêpres des grenouilles pour lier les contes, l’ambiance est magique… J’ai préparé un conte de sirène qui finit comme plat principal d’une famille affamée. Heureusement je passe dans les premiers, l’angoisse n’a pas le temps de s’installer. A la fin de la racontée, Yvette me confie qu’une phrase avait donné tout son sens au conte : « c’est elle ou c’est nous ». Je ne me souviens pas du tout l’avoir dite, dans quel état étais-je pour oublier des mots pareils ?

Sylviane.

La suite… dans un autre article !

La première fois…

 
Diana au CityMa première racontée en public a eu lieu au City le dimanche 2 mars [2014]. Comme je suis plutôt perfectionniste , je répétais depuis plusieurs jours, soit dans ma tête, soit devant qui voulait bien m’écouter. J’étais á fond mon conte ! 

Ainsi cette après-midi du 2 mars je suis arrivée sereine au City , entourée de mes caïmans (ceux de mon conte bien sûr !!!). Et … Je me suis sentie bien au moment de ma racontée, comme … Heureuse.
Voilá !!!
Diana

 

Anne-Marie au CityLa première fois que j’ai conté en public c’était il a longtemps; je ne connaissais qu’un conte qui s’ appelait  » Dioussigue le caïman » et Jude Le Paboul, notre formateur qui était conteur professionnel  contait dans une soirée  à Pont-Scorff. Il m’ a demandé gentiment de l’accompagner et de dire mon histoire en premier!

J’étais morte de peur et je ne sais pas si j’ai bien ou mal conté je ne souviens même pas si Jude m’en a parlé ensuite  mais ce dont je me souviens c’est que j’ai marché devant les gens de long en large pendant toute mon histoire sans jamais m’arrêter, et sans les regarder ! Heureusement pour eux elle n’était pas très longue mais j’ai quand même dû les saouler !
Anne-Marie

 

La suite… dans un prochain article !

 

 

Le conte et nous… les femmes

Le conte et nous… les femmes

A travers un conte, c’est un peu de l’histoire d’un peuple ou d’un groupe humain que l’on peut lire : récit qui à partir d’une trame commune, tisse des messages particuliers. Le conte n’est pas une littérature détachée de la vie courante. Il a une conception morale utilitaire mais il ne porte pas de jugement dans l’abstrait.
Le bon personnage est celui qui reflète les valeurs du moment, celui dont la conduite correspond à une situation historique et sociale donnée.  »Le bon personnage au bon moment ».

Les siècles passent sur le conte sans y déposer une empreinte indélébile. Il semble tenir à sa réputation d’universalité ce qui lui a souvent servi à déjouer les censures.

Cependant de nombreux historiens l’ont considéré comme source fiable et précieuse par exemple E. Le Roy Ladurie dans  »L’Histoire des Femmes » ou encore C. Velay- Vallantin dans  »L ’Histoire des Contes ».

La justesse des contes a conduit aussi les autorités, noblesse et clergé, à se méfier des conteurs, entre autre, en Bretagne au 19ème siècle et au début du 20ème.
Il n’est donc pas étonnant que le conte ait été un terrain privilégié pour l’étude d’une histoire particulière, celle des femmes. Il nous renseigne sur leur vie quotidienne, leurs désirs, leurs espoirs, leurs croyances, leurs craintes ou encore leurs résistances.
Le conte se révèle précieux pour la connaissance de la place que leur réservait la société ou des images dont on les affublait.
Par exemple  »la femme agit peu et obéit beaucoup » et les plus jeunes sont belles, douces, passives voire un peu mièvres, tableau très stéréotypé de certains contes classiques, si on n’approfondit pas les messages transmis.

Certains récits nous offrent pourtant une image étonnante et réjouissante de femmes hors du commun au caractère mieux trempé que celui de leur  »héros », pas toujours à la hauteur des situations. Elles savent défendre leurs enfants, leurs trônes, leurs amours, ce qui n’est pas toujours le cas des hommes, y compris des rois. Elles ont un pouvoir politique, social et culturel. Elles donnent la vie ou accompagnent l’homme vers la maturité souvent au travers de transformations.

Tout ceci est dans les contes mais il y en a aussi de nombreux où on dénigre les femmes, souvent d’ailleurs à travers les personnages secondaires. Elles sont alors coquettes, frivoles, curieuses, prêtes à laisser leur place à l’héroïne en échange de quelques faveurs. On lui fait aussi subir des critiques beaucoup plus graves en la présentant comme un être dangereux :  »La femme est née de la côte d’Adam et la côte étant un os courbe, l’esprit de la femme ne peut être que torve et pervers. » Elle est alors sorcière maléfique ou ambassadrice du diable.
Que l’image de la femme soit négative ou positive dans les contes, qui va les lire ?
Que propose-t-on principalement dans les catalogues des librairies ?

Les contes les plus édités sont malheureusement les contes les plus traditionnels de Grimm et de Perrault. Le Petit Chaperon rouge, La Belle au bois dormant, Cendrillon… sont souvent bien édulcorés. Peu de gens s’intéressent aux versions originales. Ce ne sont pas non plus, les films de Walt Disney avec leurs princesses et autres personnages très stéréotypés et déclinés en toutes sortes de produits dérivés, qui feront découvrir la réalité des contes. On impose une image pervertie du conte qui se résume finalement à utiliser seulement un personnage fort auquel l’enfant pourra s’identifier.
Ces représentations causent un tort considérable. Beaucoup de gens croient encore que les contes sont réservés aux enfants.

Heureusement, depuis un certain nombre d’années, on note un intérêt nouveau pour le conte et la femme y a sa place comme personnage, comme collecteuse et bien sûr conteuse.

Alors conteuses, conteurs, courage ! Il y a encore beaucoup à faire et à dire mais :
 »Ce n’est pas nous mais ceux qui viendront après qui feront les légendes de notre temps. » Tolkien.

Sources :
Des contes et des femmes de Mireille Piarotas
La Grande Oreille n° 31 et 41
La femme dans les contes de fées de Marie-Louise Von Franz

 

Anne

Les vieux dans les contes

 

Les vieux dans les contes

Alors que nous nous interrogeons sur la place faite aux vieux dans notre société, le Strapontin et le Centre Hospitalier de Port-Louis Riantec nous ont proposé de questionner les contes et les récits de tradition orale qui mettent en scène des personnages âgés, lors d’une conférence débat.

Praline Gay Para, conteuse, intervient en première partie. Forte de ses recherches sur les traditions orales dans le monde, elle dresse pour le public un panorama des contes et récits dans lesquels le vieux ou la vieille joue un rôle important. Personnages secondaires ou héros, leur image est parfois paradoxale et pose plus souvent qu’on ne le pense, la question du désir amoureux et de la procréation, mais toujours ils transmettent leurs savoirs : ce sont des passeurs.

Puis c’est Alain Le Goff, à la Prévert, qui nous fait vivre quelques légendes de mort bretonne. Ses personnages côtoient le surnaturel au quotidien (on joue à cache-cache avec L’Ankou, on voit « les signes »). La frontière est ténue entre les vivants et les morts. Pour Alain Le Goff la tradition orale, notamment bretonne, est le reflet d’autres manières de concevoir la place de la vieillesse et de la mort, d’où l’importance de continuer à transmettre ces histoires.
Dans ces histoires transmises de génération en génération, les vieux ont une place et une fonction bien déterminées. 
Sont-elles une autre manière d’entrevoir le grand âge?  
Les conteurs héritiers et passeurs de cette parole, qui plonge ses racines dans des époques révolues, inventent aujourd’hui de nouveaux récits qui s’inspirent du quotidien de la personne âgée. Leur rôle n’est-il pas entre autres de rendre compte, de donner à voir ou d’influer sur notre perception du monde ?

Michèle

L’été est là, ça y est !

Promesses de lectures, de racontées, de tête à tête avec des histoires, de partage avec des oreilles…
Certains d’entre nous arpenteront la terre des menhirs, d’autres navigueront sur la vague du festival interceltique, d’autres encore s’attarderont dans des fermes, des forêts… toutes les dates et les infos sont dans l'agenda. Que de belles cartes postales à se raconter lors de la reprise des ateliers le 1er septembre !
En attendant ces retrouvailles, voici quelques paroles conteuses récoltées lors d’un atelier du mois de juin : 

"Les histoires sont porteuses d'enseignement, corrigent les erreurs, éclairent les cœurs et illuminent l'obscurité, offrent un refuge à la psyché, aident à la transformation et guérissent les blessures."
Dans Le don de l'histoire de Clarissa Pinkola Estés

 

 abeille

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Les 1001 nuits

Il était une fois les mille et une nuits…

Par Claire

Genèse
"Et l’aube chassant la nuit, Shéhérazade dut interrompre son récit."
C’est grâce à cette petite phrase que Shéhérazade réussit à se maintenir en vie face au roi Shâhriyâr qui la menace de mort. 
Celui-ci, trompé par sa première femme s’est juré d’épouser une vierge chaque soir et de la tuer au matin.  Shéhérazade fille du vizir, épouse le roi. Chaque soir, elle raconte une histoire au roi. Shéhérazade, ne terminant jamais ses récits avant le lever du jour, réussit donc, par la ruse, à éviter la mort, la curiosité de ce dernier étant aiguisée.  Au bout de mille et une nuits, le roi gracie Shéhérazade qui lui a donné une descendance.
L’histoire de Shéhérazade permet d’emboiter des contes qui n’ont aucun lien entre eux. La particularité du recueil repose dans le fait que les contes s’enchâssent. Cette méthode permet à Shéhérazade de prolonger le récit et d’échapper à la mort.

Les différents types de contes :
– contes de ruse
– histoires merveilleuses
– aventures amoureuses
– épopées
– anecdotes

Les personnages

– la femme, être perfide, mais loin d’être idiote. Cultivée, elle peut posséder des pouvoirs magiques. 
– l’homme, souvent prince ou riche marchand, est le héros de chacune des histoires
– les génies, maléfiques ou bénéfiques

Les thèmes
– tromperie ou trahison de la femme
– aventure et voyage
– magie
– religion. 

Les mille et une nuits sont donc un ouvrage multiple et varié où chaque conteur peut trouver son bonheur.
La difficulté réside principalement dans le choix des traductions de ce texte millénaire. Parfois le style nous semble lourd ou ampoulé, mais ces textes méritent que l’on se casse un peu les dents dessus pour mettre à nu toute leur originalité et leur poésie.
Voilà pourquoi, nous avons choisi de travailler en atelier quelques contes de ce monument de littérature arabe qui répond à notre désir de curiosité, d’ouverture à l’universalité des contes.

J’ai pu réaliser cette brève présentation grâce au travail de Vincent Demers
(http://pages.infinit.net/vdemers/nuits.html).
De plus, sur le site de la bibliothèque nationale, vous pourrez trouver d’autres informations sur les illustrations des Milles et une nuits à travers le temps.
(http://expositions.bnf.fr/livrarab/gros_plan/mille/mille_1.htm)

Blanche Neige et les sept nains

Citons quelques passages de Blanche Neige version des frères Grimm :

"Blanche-Neige grandissait peu à peu et devenait toujours plus belle;

et quand elle eut sept ans, elle était belle comme le jour et bien plus belle que la reine elle même."

"Les maîtres du logis ne rentrèrent chez eux que lorsqu'il faisait déjà nuit noire, et c'étaient les sept nains qui piochent et creusent les montagnes pour trouver les filons de minerais"

La symbolique du chiffre 7

Le 7 est considéré comme un chiffre magique. 7 signifie l’équilibre, l’accord, la perfection.

7 indique aussi le sens d'un changement après un cycle accompli, un renouvellement positif.

Nombre universel, on le retrouve dans de nombreux domaines : Les 7 planètes, les 7 merveilles du monde, les 7 notes de musique, les 7 péchés capitaux, le chandelier à 7 branches, les jours de la semaine…

La stylisation du 7 représente une faux, symbole de mort.

LE CHIFFRE 7 DANS LES CONTES

7 voyages de Simbad le marin Les mille et une nuits

7 fées marraines – La Belle au bois dormant – Charles Perrault)

Le loup et les sept chevreaux

7 ans, l'âge du Petit Poucet, 7 nombre de sa fratrie et le nombre de filles de l'Ogre

7 mouches attrapées par la tapette du petit tailleur  – Le vaillant petit tailleur – les frères Grimm

Un petit jeu ? A vous de trouver d'autres contes avec le chiffre 7 !!!

 

pomme

 

 

 

Sorcière, « Bruxa » en gallois; « Groach » en breton armoricain

                                                                       par Claire

Un conte traditionnel d’Ecosse : les sorcières de Delnabo

"A son apparition, la Sorcière n'a ni père, ni mère, ni fils, ni époux, ni famille. C'est un monstre venu d'on ne sait où. Qui oserait s'en approcher grand Dieu ! Où est-elle ? Aux lieux impossibles ! Dans la forêt des ronces, sur la lande. Qui le croira pourtant ? C'est une femme encore."
Jules Michelet, La Sorcière

Vers le milieu du XVe siècle, en Occident, on brûle des femmes. Les sorcières fiancées du diable vont au Sabbat, jettent des sorts, sèment maladie et mort… Pendant deux siècles, des milliers d'entre elles sont traquées, dénoncées, torturées et brûlées. Ce n'est qu'à la fin du XVIIe siècle que les bûchers s’apaisent. Les personnes les plus suspectées de sorcellerie sont les femmes, vieilles ou isolées, et en général pauvres. En effet, jusqu'au XVIIe siècle, la femme fait peur. Les médecins en connaissent très peu le métabolisme, les théologiens les voient comme des êtres inconstants à garder sous la perpétuelle surveillance du père ou du mari. Elles ne deviennent autonomes qu'une fois veuves, autonomie rimant avec isolation. On les soupçonne alors de vouloir se venger de leur sort.

 

Noiro

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La terre est bleue comme une orange…

                                                                               par Claire
  
La terre est bleue comme une orange disait Eluard et il a fallu quelques millénaires pour qu’elle tourne autour de son axe !
La Terre, planète Terre, planète bleue ou encore Monde, autant d’expressions pour évoquer une même réalité, une même personnalité.
A l’origine Gaïa,  une déesse  identifiée à la '"Terre-Mère". Ancêtre maternelle des races divines,  elle enfante de nombreux monstres. Issue du chaos, elle unit tout sur la planète, unissant les
Océans et les isolant du feu du magma.

La naissance de la terre chez les Amérindiens est affaire de marche…

Au début, il n’y avait que de l’eau. Il a bien fallu trouver des animaux pour plonger vers le fond afin de ramener à la surface un peu de terre. Beaucoup périrent noyé en tentant la chose. Mais finalement il s’en trouve toujours un pour réussir, et voilà l’origine du monde, une toute petite île faite d’un minimum de boue ramenée du fond des abîmes liquides par un animal héroïque.
Puis, par les moyens de la danse, de la marche et de la course, chacun des êtres vivants, des lièvres aux humains, ont depuis eu la charge d’agrandir le domaine puisque c’est en marchant la terre que la terre s’étend.
Voilà pourquoi le lièvre sautille nerveusement, pourquoi le loup marche pendant dix ans, voilà pourquoi les humains sont capables de marcher si longtemps. Pour le nomade, marcher c’est faire la terre.

 

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Rencontre de conteurs : trompe-oreilles, tong-twisters

La rencontre de conteurs a été l’occasion de nombreux échanges. Nous avons mis en commun  des pétites, des « trompe-oreilles » qui peuvent se transformer en « tong-twisters »

Agate – woodchuck :
 

How much wood would a woodchuck chuck
If a woodchuck could chuck wood?
He would chuck as much wood as a woodchuck could chuck.
If a woodchuck could chuck wood.

(Michael Forman’s « Nursery Rhymes »)
 
Claudine –  Betty Botter :
 

Betty Botter bought some butter,
But, she said, the butter’s bitter;
If I put it in my batter
It will make my batter bitter,
But a bit of better butter
Will make my batter better.
So she bought a bit of butter
Better than her bitter butter,
And she put it in her battr
And the batter was not bitter.
So ’twas better Betty Botter

Bought a bit of better butter.

 
Clare, un autre, très connu en GB :
 

Peter Piper picked a peck of pickled pepper;
A peck of pickled pepper Peter Piper picked.
If Peter Piper picked a peck of pickled pepper,
Where’s the peck of pickled pepper Peter Piper picked?

 

Cécilia : en voici un en italien… il faut rouler les « r » !!!
 

Trentatrè trentini entrarono a trento tutti e trentatrè trotterellando.
 
(33 trentins entrèrent à Trente, tous les 33 en trottinant.)

Rémy :  un autre dans une autre langue:

C’whec’h merc’h gwerc’h
gant c’hwec’h sac’had kerc’h
war c’hwec’h marc’h kalloc’h
ha c’hwec’h manac’h war o lec’h