La première fois, ter… 

Anne au Festival Interceltique de Lorient 2012

 

C’était il y a plus de vingt ans. J’avais entendu la randonnée” Le chat et le perroquet” et moi qui n’avais jamais rien conté,  j’ai entrepris de la dire à mes élèves ,des CM2 de dix à douze ans. Quand j’ai annoncé un conte, ils m’ont regardé avec un air plus qu’ironique signifiant que les contes c’était juste  bon pour les petits. Pourtant, petit à petit, leur regard a changé et ils se sont tous laissés prendre au jeu des répétitions. Ils n’ont jamais su qu’une vocation de conteuse était née ce jour-là et que, depuis, je me retrouve toujours avec autant de plaisir devant un public d’enfants.”
 Anne.

 

Thierry au CityDe ma 1e fois, il y a bien 30 ans de cela, je me rappelle avoir débarqué pour mon 1er atelier fier comme 1 coq, avec MON histoire : « La Tête Noire ». C’était au foyer Soleil devant Jude Le Paboul et quelques « grands anciens ». Tellement content d’avoir montré mon « talent », je n’ai même pas entendu les critiques qui ont suivi. C’était prétentieux de ma part, cependant, quelques années plus tard, « La Tête Noire » m’a permis de passer le 1er tour du concours amateurs de Chevilly Larue. Même si je ne l’ai pas racontée depuis longtemps, elle est toujours à mon répertoire.

[Mais] la 1e fois que j’ai VU mon public, je racontais « Celui qui avait toujours froid » de Claude Seignolle, histoire qui me tient particulièrement à cœur. D’habitude, je survole l’assistance, sans m’arrêter sur les visages et leurs expressions, mais là, vas savoir pourquoi, j’ai embrassé du regard tout un groupe de personnes : elles étaient suspendues à mes lèvres, gagnées par l’émotion que j’arrivais à transmettre !… Ça m’a réjoui, bien sûr, mais le temps d’1 ou peut-être d’1 ½ seconde, ça m’a complètement déstabilisé et, tant j’étais stressé, je ne me souviens plus du tout comment j’ai terminé mon conte. Maintenant, j’arrive mieux à gérer mon émotion et « Voir son public » est, pour moi, un instant rare et précieux qui n’a dû m’arriver que 2 ou 3 fois, quand je suis vraiment bien dans mon histoire et que je suis « porté » par l’auditoire.

Thierry

Et ce n’est qu’un début...